Comprendre  
UNE INFILTRATION EPIDURALE  


QU’EST CE QUE C’EST ?

Les injections locales de corticoïde sont de pratiques courantes dans le traitement des affections du rachis. En cas de lombosciatique, de lombocruralgie voir exceptionnellement de lumbago, des infiltrations épidurales peuvent vous être proposées par votre médecin.
Le rachis est formé de vertèbres qui s’articulent entre elles, en avant, par l’intermédiaire des disques intervertébraux, et en arrière, par les articulaires postérieures. Les disques intervertébraux sont des éléments d’unions et de stabilité entre les vertèbres. Ils permettent d’amortir les pressions. Les vertèbres délimitent en leur sein un canal : le canal rachidien qui contient les racines nerveuses. Autour, muscles et ligaments renforcent la congruence.
L’espace épidurale est une zone qui entoure un sac contenant les racines nerveuses.

1. Comment se déroule l’infiltration ?

Cette infiltration se déroule en position assise ou parfois allongée sur le coté, le dos rond. Après désinfection de la peau, une aiguille est introduite à proximité de deux vertèbres au niveau du rachis lombaire jusque dans l’espace qui entoure le sac contenant les racines nerveuses : l’espace épidural. Le produit diffuse dans cet espace et agit sur plusieurs centimètres de hauteur. Elle peut être renouvelée deux à trois fois en fonction de l’efficacité.

2. Quel est l’objectif de ce geste ?

Le but de cette infiltration est d’injecter une quantité minimale d’anti-inflammatoire (corticoïde) pour diminuer la composante inflammatoire rencontrée dans les conflits disco-radiculaires. L’efficacité de cette infiltration n’est pas immédiate et survient le plus souvent au bout de quelques jours

3. Que faut-il surveiller après ce geste ?

De façon systématique, il est conseillé de se reposer en position allongée durant votre retour en voiture et à votre domicile.
Dans la grande majorité des cas, ce geste est très bien supporté et permet de diminuer les douleurs lomboradiculaires en quelques jours. Cependant, si vous ressentez des maux de tête intenses, des douleurs violentes au point de ponction ou surtout une fièvre, vous devez contacter votre médecin.

4. Quels sont les effets secondaires possibles ?

Le malaise vagal simple est toujours possible. Il se manifeste par des sueurs profuses associées à une baisse de la tension, une baisse du rythme cardiaque voir à une perte de connaissance brève. Il est le plus souvent bénin et transitoire et survient pendant ou au décours du geste. Dans ce cas, le simple repos avec les jambes surélevées suffit pour faire disparaître ce malaise.
Parfois des « Flushs » peuvent survenir. Ils se manifestent par une rougeur du visage avec sensation de chaleur et parfois de maux de tête. Cet incident est bénin et disparaît spontanément en quelques jours.

La brèche durale est possible. Il ne s’agit pas d’une faute mais d’un incident qui peut être du à différents facteurs imprévisibles (anatomique, mouvement brusque du patient…). Elle se manifeste par des nausées et des maux de tête (ou céphalées) survenant en position assise ou debout et disparaissant en position couchée. Il faut, dans ce cas, surveiller votre température qui ne doit pas être élevée. Il est alors conseillé de se reposer au maximum en position couchée sans oreiller, de boire beaucoup d’eau voir de prendre un antalgique simple. Si ce syndrome post-infiltration venait à durer pendant plusieurs jours, il faut rappeler votre médecin afin d’envisager la réalisation d’un « blood patch » dont le but est de colmater la brèche durale à l’aide de votre propre sang.

Il existe d’autres complications plus sérieuses mais heureusement beaucoup plus rares.
L’infection (ou sepsis) est rare mais doit toujours être suspectée. La présence d’une fièvre associée ou non à une douleur importante lombaire doit faire suspecter une infection. Dans ce cas, vous devez contacter votre médecin pour un examen plus approfondi.
La survenue d’une thrombophlébite cérébrale ou d’un hématome épidural sont deux complications exceptionnelles mais graves. La persistance (au-delà de plusieurs jours) de maux de tête ne disparaissant pas en position couchée ou de douleur violente au point de ponction doit faire suspecter ces complications.
Dans tous les cas, si vous avez un doute, il ne faut pas hésiter à contacter votre médecin.

Bibliographie :
BARDIN Th, KUNTZ D. Thérapeutique Rhumatologique, 1995, 655-674. Ed Médecin-Science, Flammarion.
BARON D. Les gestes en rhumatologie, 2003, 413. Ed Sauramps medical.

Dr Marie-Pascale Manet
Service de médecine interne, Groupe Hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon

 
Index du site Web