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Quel type de prothèse ?
Il existe de très nombreux modèles de prothèses, différents dans leur forme, leurs matériaux, certaines sont implantées sans ciment.
Les modèles utilisés dans le service sont dérivés de modèles implantés depuis plus de 30 ans, donnant d'excellents résultats qui se maintiennent pendant de nombreuses années. C'est donc pour nous un gage de sécurité et de fiabilité, et font l'objet d'une surveillance continue, sur fiches réévaluées à chaque consultation de contrôle. Le plus souvent, il s'agira d'une prothèse dont le cotyle est en polyéthylène scellé par une résine acrylique. Chez les patients jeunes (en général de moins de 65 ans), un cotyle non scellé avec une surface articulaire en céramique d'alumine pourra être utilisé, si toutefois l'anatomie du bassin osseux en permet la fixation en toute sécurité. Les céramiques sont testées individuellement avant implantation, et ont été améliorées tout au long des dernières décennies, en faisant un matériau parfaitement fiable, notamment en ce qui concerne les risques de fracture qui ont surtout été rapportées pour d'autres types de céramiques (zircone, que nous n'utilisons pas).
L'avantage indéniable théorique de ce type d'implant est son caractère quasi inusable. Quand on sait que la majorité des changements de prothèse en polyéthylène se font au bout de 10 ou 15 ans du fait de leur usure, on voit l'intérêt d'utiliser un implant très résistant à l'usure. Quelque soit le type de cotyle utilisé, la pièce fémorale sera scellée avec une résine acrylique. Les prothèses fémorales non scellées ne sont pas utilisées car, si on doit malheureusement en faire l'ablation pour un problème ou un autre (cf. les complications), cette ablation en est parfois si difficile qu'elle aboutit le plus souvent à des dégâts fémoraux importants difficiles à reconstruire, alors qu'enlever une prothèse scellée ne présente pas de problème majeur. C'est là encore pour nous un gage de prudence.
Quelle cicatrice ?
Il existe plusieurs façons d'aborder la hanche pour implanter une prothèse. L'abord utilisé dans le service se situe à la partie haute de la cuisse, sur le devant, sur environ 15 centimètres. Le chirurgien passe ainsi entre les muscles, sans les couper, ni couper non plus d'os, sauf le col et la tête du fémur qui sont remplacés par la prothèse.
Quand faut-il opérer ?
Quelle que soit la raison pour laquelle vous souffrez de la hanche, il n'y a jamais d'intervention urgente. Il s'agit en effet d'une intervention lourde et non dénuée de complications qu'il faut donc prévenir par des précautions et des examens appropriés (même si les progrès de l'anesthésie et la grande habitude de cette opération en fait presque une intervention de routine).
Quels bénéfices devriez-vous tirer d'une intervention ?
Quelque soit la cause de l'altération de l'articulation de la hanche (usure du cartilage ou arthrose, maladie rhumatismale, nécrose, séquelle post-traumatique ou d'une maladie de l'enfance), l'impotence est due à des douleurs d'intensité croissante, de localisation diverse (sur le devant de l'articulation ou au contraire externes ou fessières, dans la cuisse ou dans le genou), et un enraidissement qui peut devenir handicapant dans la vie de tous les jours, pour les soins de pied, s'asseoir, monter les escaliers…, et retentir à la longue sur les genoux et la colonne vertébrale. Une prothèse totale de hanche, en remplaçant la partie abîmée de l'articulation, redonne de la souplesse, fait disparaître les douleurs dues à l'altération de la hanche, et améliore la fonction des genoux et du dos. La plupart des personnes opérées, au bout de quelques mois, " oublient " même qu'ils sont porteurs d'une prothèse, mènent une vie normale et peuvent même reprendre des activités sportives. Une minorité cependant ressentirons sa présence de temps à autre, sans pour autant qu'elle constitue une gêne importante.
Les examens pré opératoires
Outre ceux prescrits par l'anesthésiste, adaptés à votre état de santé, il est impératif de rechercher (par une analyse d'urine, une radio des dents et une consultation chez votre dentiste) une infection que vous pourriez ne pas ressentir, afin de la traiter. En effet, cette infection peut parfaitement se propager par voie sanguine à votre prothèse, même longtemps après l'intervention, avec de très graves conséquences.
Dans la mesure du possible, si votre état l'autorise, il faudra donner régulièrement votre sang, quelques semaines avant l'intervention, dans une banque du sang qui vous sera indiquée en consultation d'anesthésie. Il vous sera si nécessaire restitué au décours de l'opération, et vous évitera autant que possible d'être transfusé avec le sang de quelqu'un d'autre. Une autre possibilité consiste à augmenter en pré opératoire la masse sanguine par des injection d'EPO (Eprex). Enfin, certaines personnes ont suffisamment de globules rouges pour n'avoir besoin de rien, l'intervention étant relativement peu hémorragiques dans les cas simples.
L'hospitalisation
En règle générale, vous serez hospitalisé(e) la veille de l'intervention. Il est impératif de rapporter le résultat d'une analyse d'urine faite une semaine avant l'intervention. En cas d'infection il faudra la faire soigner par votre médecin traitant, faute de quoi l'opération serait reportée. Une préparation cutanée sera réalisée, comprenant une dépilation (par tondeuse), et badigeonnage d'antiseptique le matin même de l'opération. Le premier lever se fait au 1ier ou au 2ième jour postopératoire, la marche est reprise en appui complet. La durée d'hospitalisation est de 5 jours à une semaine, à la suite de quoi se fera un retour à domicile ou un départ en maison de convalescence.
Les complications
Elles sont rares, et ne doivent pas vous faire oublier que, dans la grande majorité des cas, une prothèse totale de hanche vous permettra de mener une vie normale. Certaines, potentiellement graves, sont spécifiques à ce type d'intervention et plus fréquentes chez les patients en surcharge pondérale, qu'il est toujours souhaitable de réduire avant l'opération.
Sans être exhaustif, les plus "fréquentes " sont :
- Une phlébite, qui peut exceptionnellement se compliquer d'une embolie pulmonaire. Malgré l'utilisation systématique d'anticoagulants, le risque existe pendant 6 semaines après l'opération, justifiant l'utilisation des anticoagulants pendant toute cette période, ainsi que le port de bas de contention veineuse. Recherchée si nécessaire par un écho-doppler veineux ou une phlébographie, en ne tenant compte que des phlébites potentiellement graves, à savoir poplitée ou sus-poplitées (au-dessus du genou), le taux peut être estimé dans le service aux alentours de 5%. Les embolies pulmonaires sont devenues exceptionnelles, et la survenue d'une phlébite ne modifie pas le résultat final de la prothèse. Le premier lever sera éventuellement retardé de quelques jours, et la prise d'anticoagulant poursuivie plusieurs mois.
- Un hématome, souvent banal et qui se résorbe de lui-même en quelques semaines, mais qui peut nécessiter une réintervention pour l'évacuer. - Une luxation (déboîtement) de la prothèse, du fait d'un faux mouvement. Pour les éviter, un petit livret explicatif vous sera remis.
- Des ossifications autour de la prothèse, qui peuvent diminuer la mobilité de la hanche, voire la bloquer complètement. Ces ossifications sont en grande partie évitées (et en règle générale ces ossifications sont très peu importantes donc assymptômatiques) par la prise d'anti-inflammatoires pendant la semaine qui suit l'intervention, mais ces anti-inflammatoires ne sont eux-mêmes pas dénués de complications parfois graves (gastrite, ulcère, hémorragie digestive, insuffisance rénale, allergie…) et ce malgré l'adjonction de médicaments protégeant l'estomac.
- Une rétention urinaire nécessitant un sondage.
- Une infection de la prothèse, que nous avons déjà évoquée, et justifie toutes les précautions qui seront prises avant, pendant et après l'intervention. Le taux précis est difficile à établir en toute rigueur, car le diagnostic en est parfois difficile à poser. Elle peut aussi survenir parfois des années après l'intervention en cas d'infection à distance de la prothèse (urinaire, pulmonaire, petite plaie "négligée ", etc…) ou même après des soins dentaires effectués sans antibiotique (pensez à en avertir votre dentiste). D'après les différentes séries publiées dans la littérature, le taux varie en fonction des services entre 5% et 0,5%. En comparaison, le taux d'infection postopératoire du service est inférieur a 1%, ce qui est un taux parmi les plus bas.
De manière exceptionnelle (moins de 1%) :
- Des douleurs résiduelles périarticulaire, sans qu'on en retrouve d'explication.
- Une embolie graisseuse par migration de la moelle osseuse pendant l'implantation de la prothèse.
- La paralysie d'un nerf du membre opéré.
- Une fracture de la cheville ou du fémur lors des manœuvres opératoires.
- Une escarre due à la position allongée prolongée, que l'on prévient par des massages pluri-quotidiens.
- La décompensation d'une artérite (artères bouchées) des membres inférieurs.
- Le décès est donc possible, dans les suites d'une ou plusieurs complications graves associées.
- D'autres complications exceptionnelles ne sont pas directement liées à l'intervention :
- Cholécystite (infection de la vésicule biliaire).
- Un accident vasculaire cérébral.
Le suivi le la prothèse
Une prothèse totale de hanche vous permettra dans la grande majorité des cas de mener une vie normale, à l'exclusion de quelques activités sportives violentes, mais elle reste un matériau inerte, une pièce mécanique qui peut s'user au cours du temps. Elle peut aussi se desceller. Elle reste très sensible aux infections. Elle peut laisser quelques douleurs résiduelles sans pour autant retrouver d'anomalie particulière. Elle doit être revue régulièrement par votre chirurgien pour s'assurer que tout va bien. Dans les suites opératoires, une consultation de contrôle vous sera donnée à 3 et 6 mois. Habituellement, au delà de la première année, une consultation tous les deux ans suffit. En cas de problème, il importe de revenir rapidement consulter.
Voir aussi : Bien vivre avec une prothèse de hanche, conseil pour la vie quotidienne aux personnes porteuses d'une prothèse de hanche.
Dr Luc Lhotellier, chirurgien orthopédiste,
Groupe Hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon
03-11-2002
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