Chirurgie bariatrique, chirurgie gastrique de l’obésité, anneau ajustable, by-pass, Sleeve

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  • mercredi, 09 septembre 2009 16:24
  • Dernière modification le vendredi, 02 juin 2017 12:24
  • Écrit par 

    L'équipe de Chirurgie digestive

Ce texte vous est remis pour vous aider à comprendre la place que la chirurgie peut prendre dans la lutte contre l’obésité importante, ses avantages et inconvénients, les contraintes qu’elle suscite, ses complications possibles.

Ce texte ne se prétend pas exhaustif : il situe le problème. Vous pouvez- et vous devez- discuter de points plus précis, après en avoir pris connaissance, avec votre médecin, votre nutritionniste, le chirurgien, l’anesthésiste, etc. qui vous prendront en charge.

I. L’obésité est une surcharge de graisse.

Cette surcharge est due à l’inflation du stock graisseux du fait d’un déséquilibre entre les apports énergétiques et les dépenses de l’organisme, les apports dépassant les dépenses. Les apports sont exclusivement représentés par l’alimentation mais cela inclut, bien sûr, les boissons (sucrées, alcoolisées, etc.)

Pourquoi ce déséquilibre ?

D’abord et surtout du fait d’un excès : les apports sont trop abondants. C’est la cause majeure. Expliquer pourquoi certains individus « mangent trop » n’est cependant pas toujours chose facile : les habitudes alimentaires souvent acquises dans l’enfance, la compensation par l’alimentation de sensation de stress, d’un « malaise » personnel sont, néanmoins, les facteurs les plus souvent rencontrés. Mais le défaut qualitatif est aussi très souvent en cause. Plutôt que de « manger trop », ce sont des gens qui « mangent mal » : leur alimentation comporte trop de sucres et de graisses, pas assez de légumes verts, de crudités, de fibres végétales. Enfin, beaucoup grignotent, ce qui entretient une faim renouvelée et stimule le « stockage » des aliments dans le secteur graisseux. Dans ce domaine, il est vrai, et chacun a pu le constater autour de lui, que nous ne sommes pas tous égaux  Nos organismes ne fonctionnent pas tous de la même façon : à quantité et qualité égales certains prennent du poids, d’autres restent maigres. Des facteurs familiaux, génétiques, sont certainement  en cause, comme des facteurs personnels qui restent à élucider. Toutefois, et aussi « injuste » que cela puisse être ressenti, cela ne change pas le fait que pour un organisme donné, la prise de poids résulte d’un excès d’apports par rapport aux dépenses de cet organisme. Car, et c’est la 2ème cause de déséquilibre entre apports et dépenses, il faut souligner que la sédentarité, l’absence d’activité physique régulière, de pratique d’un sport favorise, par la baisse des dépenses de l’organisme, la constitution d’une surcharge pondérale.

Après avoir longtemps pensé qu’il existait un rapport simple et direct entre les apports et le poids, y compris dans les obésités sévères, les médecins savent maintenant que les choses sont plus complexes. Et on voit plutôt désormais l’obésité sévère comme une véritable maladie « autonome », c'est-à-dire comme une situation pathologique s’auto-entretenant. De multiples mécanismes hormonaux sont maintenant en partie élucidés, expliquant la sorte d’engrenage dans lequel ces patients sont enfermés, et l’impossibilité habituelle d’en sortir en revenant seulement à des apports « normaux ». Dans l’obésité morbide installée, la masse graisseuse est devenue la première glande endocrine de l’organisme : cela signifie que, contrairement à ce que l’on pensait, elle n’est pas seulement passive, mais joue un rôle à part entière dans le métabolisme.

II. Qui est obèse ?

Plusieurs formules existent pour définir un poids idéal et, à partir de là, un taux ou un niveau d’excès de poids définissant l’obésité. Une norme très utilisée, simple, est l’indice de masse corporelle ou IMC  (synonymes : Indice de Quetelet et en anglais Body Mass Index ou BMI).

On l’obtient en divisant le poids mesuré en kilogrammes par le carré de la taille exprimée en mètres :

IMC = Poids (en kg) / Taille x taille (en mètre)

L’obésité est définie, dans cette norme, par un indice supérieur à 30, l’obésité morbide par un indice supérieur à 40.

Le tableau ci-dessous expose cette norme illustrée d’exemples :

Norme BMI
Norme BMI Exemples
20-25Sujet normal1m70 – 65 kg : 65/1,7x1,7 = 65/2,89 = 22,50
25-30Surcharge pondérale1m70 – 80 kg : 80/2,89 = 28
30-40Obésité1m70 – 90 kg : 90/2,89 = 31
>40Obésité morbide1m70 – 130 kg : 130/2 ,89 = 45
>50Super obésité 
>60Super super obésité 

III. Conséquences de l’obésité.

Elles sont à la fois d’ordre psychosocial et de nature organique. L’impact psychosocial est souvent au premier plan. Au cours du vingtième siècle, en Occident, la mode a banni les rondeurs du corps, à la différence d’autres époques et d’autres cultures. Les obèses en conçoivent souvent une image négative de leur propre corps. Paradoxalement, cette image négative peut être une cause d’aggravation de l’obésité, l’obèse compensant son chagrin d’être obèse en mangeant. L’obésité morbide perçue comme une monstruosité par le sujet, directement ou au travers du regard des autres, est parfois source d’exclusion sociale (difficultés pour trouver un emploi par exemple), de difficultés familiales, affectives...

Sur le plan organique, la liste des complications souvent induites par l’obésité est importante.

Cela va de l’usure prématurée des cartilages, responsable d’arthrose, donc de douleurs, aux complications cardio-vasculaires, hypertension artérielle, risque élevé d’infarctus, risque majoré de cancers, notamment du colon et du sein,  en passant par le diabète, des troubles respiratoires, le syndrome de Pickwick, syndrome d’apnées du sommeil, etc. De telle sorte que le risque d’une mort précoce est nettement supérieur avec un  IMC supérieur à 40,  qu’avec un IMC situé entre 20 et 40.

C’est pourquoi il est nécessaire de traiter les obésités morbides (encore appelées obésités massives).

Autant la réduction d’une surcharge pondérale, le traitement d’une obésité modérée relèvent du désir de se conformer à une mode ambiante, ou de « se sentir mieux dans sa peau », autant le traitement d’une obésité morbide relève d’une nécessité le plus souvent médicalement justifiée.

Plusieurs publications de haut niveau scientifique concernant des études de population importantes, comparant des sujets obèses – témoins (non opérés) et des obèses opérés (il s’agit surtout de by-pass) ont apporté la preuve que la réduction du poids obtenue par la chirurgie  diminuait significativement l’hypertension artérielle, le diabète et surtout réduisait considérablement,  à court, moyen et long terme la mortalité de la population des opérés (par rapport aux témoins non opérés).

IV. Comment se traiter ?

La modification des comportements  ayant conduit à l’obésité est évidemment le traitement de choix : baisse globale des apports, changements qualitatifs, accroissement des dépenses, par une activité physique régulière, quotidienne. C’est simple à énoncer, beaucoup plus difficile à mettre en œuvre et surtout à observer de façon durable. Cela nécessite toujours un soutien médical, de nutritionniste, de psychologue. Cette seule modification des comportements doit suffire à traiter les obésités pas trop sévères et pas trop anciennes.

Malheureusement,  cette voie classique, nécessaire et indispensable dans tous les cas est fréquemment marquée d’échecs, de rechutes. Des efforts importants, tendus, sont suivis d’abandons, de découragement conduisant en quelques semaines ou mois au retour des kilos perdus.

C’est l’échec de ces traitements « médicaux », la règle dans les obésités morbides, massives, qui a conduit à la recherche et au développement  de procédés chirurgicaux, et ce depuis de longues années.

Actuellement, il est reconnu, comme on l’a vu plus haut, qu’au-delà d’une certaine surcharge, de sa pérennisation pendant des années, et qu’à l’issue de tentatives, même sérieuses, bien suivies et efficaces de changement de comportement  (perte de 20, 30, voire 50 kilos), une « simple » modification de comportement  par un régime est condamnée à l’échec.

C’est l’effet yoyo classique : perte de poids, reprise supérieure dès le moindre relâchement des efforts.

Ainsi au-delà d’un certain seuil, seule une solution chirurgicale est de nature à casser ce cycle qui conduit à faire croître l’obésité de plus en plus. Cependant, et c’est essentiel, nous le reverrons, l’opération ne « fait » pas tout. Une participation active, éclairée, prolongée, une surveillance médicale indéfinie sont indispensables pour assurer un bon résultat à long terme.

V. Les interventions chirurgicales.

La chirurgie bariatrique est née dans les années 1960 aux USA et n’a cessé de se développer. Aujourd’hui encore, il existe de nombreuses possibilités faisant l’objet d’une recherche clinique active.

Le principe des interventions repose sur la création soit d’une restriction (la réduction du volume de l’estomac limite les apports), soit d’une malabsorption (la dérivation ou « bypass » modifie l’absorption des nutriments dans le sang), soit d’un effet combiné restrictif et malabsortif.

Actuellement on retient 3 grandes interventions : l’anneau gastrique, la gastrectomie de type « sleeve » et le bypass gastrique. Il faut comprendre que le « mini-bypass », qui est une intervention produisant un court-circuit intestinal majeur de type bilio-pancréatique (contrairement à ce que la dénomination laisserait penser), ne fait pas partie de l’arsenal car elle n’est pas encore officiellement validée par les sociétés savantes françaises. 

La gastroplastie par anneau ajustable

gastroplastie anneau ajustableDéveloppée au début des années 1990, mise en place par laparoscopie la première fois en 1992, elle résulte d’une évolution conceptuelle des gastroplasties décrites plus haut.

Le cerclage se fait par un anneau de silicone doublé intérieurement d’un ballonnet gonflable, relié par un très fin tuyau à une chambre de remplissage que l’on place sous la peau. Ainsi, la partie haute de l’estomac, qui reçoit les aliments, est réduite à une petite poche de 15 à 20 ml. Elle communique par un orifice étroit, et variable, ajustable grâce au gonflement du ballonnet, avec l’estomac sous-jacent. Un faible volume de nourriture suffit à remplir la poche supérieure. La sensation de satiété est de constitution plus complexe et n’accompagne pas toujours le remplissage mécanique de cette poche gastrique.

La vidange de cette poche s’effectue lentement, de sorte que l’on ne peut, sans déclencher gêne, voire douleurs et vomissements, forcer l’absorption d’aliments. Mais il faut savoir que le « remplissage » rapide de la poche gastrique supérieur ne se traduit pas automatiquement, et chez tous les opérés, par une sensation de satiété. Celle-ci dépend, en effet, surtout aussi beaucoup de facteurs psychologiques.

Quels sont les résultats à long terme de l’anneau ajustable ?

Toutes les équipes disposant de dix ans d’expérience en la matière, et faisant l’effort de suivre leurs opérés à long terme ont constaté que l’anneau ajustable n’assurait de bons résultats que chez 10 à 20% des opérés, entre 5 et 10 ans.

Déjà, au moins 20% des patients sont réopérés pour une complication liée au matériel : fuite sur le ballonnet, déplacement de la chambre sous cutanée, infection du dispositif, érosion de l’estomac (l’anneau transperce la paroi gastrique), et surtout dilatation de la poche gastrique supérieure avec bascule de l’anneau (aussi appelé slippage, d’un terme anglais).

Ensuite, et c’est fréquent, nombre d’opérés se lassent de faire réaliser les ajustements nécessaires, leur volonté s’essouffle, ils reprennent peu à peu leurs habitudes alimentaires. Certains, en forçant lors des repas sur les quantités, dilatent leur poche gastrique supérieure. Bien sûr, tout cela est moins fréquent lorsque les opérés sont suivis régulièrement par un psychologue, un nutritionniste, un généraliste.

Enfin, et nous le voyons maintenant souvent, même chez ceux qui ont maintenu un poids normal ou proche de la normale, qui ont été bien suivis, qui restent très motivés, une complication tardive apparaît : l’anneau, remplissant toujours son office, en bonne place, c’est l’œsophage lui-même qui se dilate, devient un véritable réservoir d’aliments, de salive. Cela est responsable de régurgitations, de remontées dans la gorge, désagréables et dangereuses (complications respiratoires possibles). De telle sorte que l’on est conduit à enlever l’anneau et à faire une sleeve ou un by-pass (voir plus loin).

Or le fait qu’il y ait eu un anneau complique – parfois fortement – la réalisation d’une autre opération, du fait de la fibrose qui entoure l’anneau et qui remanie l’anatomie locale et la texture des tissus.

C’est la raison pour laquelle, en pratique, nous avons abandonné la pose d’anneau péri gastrique : opération techniquement aisée, rapide, séduisante, elle est grevée de trop de complications et de trop d’échecs, et n’est pas anodine, compliquant la réalisation d’une intervention ultérieure.

Le bypass gastrique

bypass gastriqueL’opération la plus  largement acceptée est le by-pass gastrique. Elle associe deux mécanismes favorisant la perte de poids : la réduction des quantités alimentaires ingérées (en réduisant le volume de l’estomac, transformé par agrafage mécanique en une poche de 40 à 60 ml), et la malabsorption en raccourcissant la longueur  de  l’intestin  grêle  recevant  à  la  fois  des  aliments  (issus  de  l’estomac)  et  les  sécrétions bilio-pancréatiques  (venant du duodénum, déconnecté de l’estomac). Ce fut en Amérique du Nord l’opération contre l’obésité la plus courante ; elle a été réalisée chez des millions d’américains.

Elle procure de bons résultats à long terme, avec des pertes de poids considérables et stables, le taux de succès à 10 ans étant de l’ordre de 80%.

Mais elle est, évidemment, plus « lourde » pour l’organisme qu’une pose d’anneau. Elle comporte des sutures gastriques et intestinales, sources potentielles de défaut de cicatrisation (fistule) et donc d’infections post opératoires, toujours graves. De sorte que la mortalité post opératoire se situe entre 1 et 3%. Des occlusions de l’intestin grêle (par piégeage de segments d’intestin autour du montage de dérivation de l’estomac) sont également des complications classiques. A terme sont aussi possibles des hémorragies et des perforations intestinales par ulcères à la jonction de l’estomac et de l’intestin (que l’on doit prévenir en prenant indéfiniment un comprimé par jour d’un médicament supprimant l’acidité gastrique, classe des IPP).

A long terme cette opération exige une prise continue de médicaments une surveillance médicale pour corriger les défauts en fer, calcium, vitamines B qui sont constants.

Plus lourde que l’anneau, difficilement réversible (encore que cela ne soit pas exclu), le by-pass est cependant une excellente solution chirurgicale à l’obésité rebelle. Ses risques doivent être mis en balance avec ceux que fait courir l’obésité elle-même (indépendamment de son inconfort).

Elle s’effectue sous laparoscopie (avec un taux de conversion, c’est-à-dire de nécessité à ouvrir de façon classique inférieur à 2%), et nécessite 3 à 4  jours d’hospitalisation.Nous la pratiquons dans notre service par cœlioscopie robot-assistée, ce qui permet de faire toutes les coutures à la main et non pas par agrafage.

La sleeve gastrectomy (ou gastrectomie verticale calibrée)

Mise au point et développée par un Américain à partir de 2003, la sleeve-gastrectomy  (en français gastrectomie en manche) consiste, toujours sous laparoscopie, à réduire le volume de l’estomac en enlevant 80% de son étoffe par agrafage mécanique l’estomac est réduit à un tube long et étroit.

Les avantages sont :

  • par rapport à l’anneau l’absence de corps étranger, et donc de risque infectieux, de risque de migration (perforation de l’estomac), pas de nécessité d’ajustements répétés.
  • par rapport au by-pass : la conservation d’un circuit alimentaire normal et donc des risques de carence moins importants mais possibles.

Mais il n’y a pas d’avantages sans inconvénients ou risques potentiels : les risques sont liés à la suture gastrique par agrafage. Il peut se produire une fistule gastrique, par défaut de cicatrisation de la paroi gastrique suturée (3 à 5 % des opérés). Ce n’est donc pas un risque exceptionnel. Elles nécessitent une ré intervention rapide, pour instituer un drainage au contact de la « fuite » de liquide gastrique, et parfois la mise en place, par voie endoscopique, d’une prothèse interne colmatant la brèche jusqu’à sa cicatrisation qui peut prendre 3 semaines. Ces fistules néanmoins peuvent être parfois de cicatrisation très longue, nécessitant dans certains cas, après plusieurs mois d’échec de traitement, une reprise chirurgicale.

Elle comporte très peu de risques à long terme, nous l’avons vu, mais un reflux gastro- œsophagien est très fréquent (sensations de brûlures rétro sternales), traité par des médicaments bloquant la production d’acide par l’estomac.

Les résultats à long terme sont équivalents à ceux du by-pass, qui est peut-être quand même plus efficace sur le contrôle du diabète.

C’est pourquoi elle est devenue une intervention maintenant pratiquée préférentiellement par de nombreuses équipes. Toutefois, du fait de son caractère récent, on ne dispose de données cliniques suffisantes pour apprécier son résultat à long terme. Il semble qu’une reprise pondérale à partir de la 4ème année soit fréquente.

La sleeve gastrectomy, plus encore que le by-pass, impose les premiers mois une contrainte alimentaire de restriction très forte,  expliquant largement son efficacité sur la perte de poids. Ce n’est qu’après trois à quatre mois, quand l’estomac résiduel a récupéré une fonction motrice satisfaisante, que l’on peut faire un « vrai » repas.

Parfois cet inconfort alimentaire des premiers mois est très gênant, les vomissements  après les repas étant fréquents dès lors que l’on dépasse les volumes acceptés par le montage, et ce n’est qu’après 4 à 6 mois que l’on peut se réalimenter de façon à peu près normale.

sleeve 1sleeve 2

 

 

 

 

 

 

 

 

Et les échecs de cette chirurgie lourde ?

Car toutes les séries publiées font état de 20 à 25% d’échecs. Pas dans l’immédiat : tous les opérés perdent beaucoup de poids, en 6 à 8 mois, atteignant leur  nouveau poids d’équilibre en 12 mois environ.

Mais une reprise de poids, modérée et constante après ce délai, peut devenir conséquente, annulant tout le bénéfice de l’opération. C’est toujours, ou presque, le fait du retour d’un mauvais comportement alimentaire. Avec les années la contrainte imposée par le montage chirurgical s’estompe, on oublie les bonnes résolutions prises avant l’intervention, on peut absorber des volumes plus importants, on peut contourner l’obstacle en grignotant…

La chirurgie permet toujours de perdre du poids, mais elle n’empêche que peu d’en reprendre par la suite. Elle permet de « remettre les compteurs à zéro » mais il appartient à l’opéré d’y rester.

Il est capital d’être d’emblée bien conscient de ce risque qui guette tous les opérés. On ne se débarrasse jamais complétement ni définitivement d’une  addiction.

C’est pourquoi une période de préparation à la chirurgie est indispensable : non pas pour maigrir mais pour apprendre, dès avant l’opération, à maîtriser son comportement alimentaire.

En pratique

Vous avez compris qu’il ne s’agit pas d’une opération « miracle », « minute », mais d’une potentielle solution à un problème complexe, évoluant de longue date, non résolu, pour lequel vous acceptez de prendre quelques risques. Il est donc indispensable que la décision opératoire soit mûrement réfléchie.

C’est pourquoi il ne vous sera pas fixé de rendez-vous opératoire d’emblée, dès la première consultation.

Au contraire, il vous sera demandé de vous informer, de réfléchir et de consulter un endocrinologue, un nutritionniste et un psychiatre, peut-être de débuter une prise en charge psychologique De la sorte, vous devriez être en mesure de peser votre décision.

Vous viendrez à l’une de nos  réunions d’information (durée de 2 heures) animée par un chirurgien et un nutritionniste.

Des examens seront faits à la recherche d’une pathologie associée, cardiaque, respiratoire etc. justifiant des précautions particulières.

Vous effectuerez donc des analyses sanguines, une radio de thorax, une fibroscopie gastrique, une échographie abdominale et un électrocardiogramme et une recherche d’apnées du sommeil.

A l’issue de ce « parcours » votre dossier sera présenté lors d’une réunion pluridisciplinaire (RCP), instance réglementaire faisant participer des spécialistes d’au moins 3 disciplines différentes. Elle a pour mission d’éclairer et de préciser l’indication opératoire et de retenir le cas échéant le type d’opération à vous proposer.

Pour nous résumer clairement :

  • La chirurgie bariatrique apporte un bénéfice certain, tant en terme de confort que d’espérance de vie.
  • Elle n’est efficace, quelle que soit la technique choisie, que la par la contrainte qu’elle fait peser de façon très prolongée, voire indéfinie.
  • Même si elle se déroule sous laparoscopie, en des mains expertes, elle n’est pas dénuée de risques, y compris vitaux.
  • Elle ne peut être décidée qu’après mûre réflexion et concertation multidisciplinaire (endocrinologue, nutritionniste, psychiatre ou psychologue).
  • Lorsque le principe de la chirurgie est retenu, le choix de l’opération doit être fait soigneusement en tenant compte de plusieurs critères, dont le niveau d’IMC, le comportement alimentaire, les co-pathologies, l’âge.
  • Elle nécessite une surveillance, un suivi médical (et très souvent psychologique) indéfini.
  • Lorsque les indications sont bien posées, le taux de succès doit dépasser 80% à cinq ans.

 

Fumer augmente le risque de complications chirurgicales de toute chirurgie.
Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l'intervention élimine ce risque supplémentaire.
Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac-Info-Service au 3989 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.

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