Rhumatisme lié aux enterrocolopathies

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  • lundi, 15 mars 2004 15:24
  • Dernière modification le mardi, 07 juillet 2015 16:18
  • Écrit par 

    Dr Marie-Pascale Manet

Cette note explicative a pour objet de répondre simplement à la plupart des questions que vous vous posez. Elle ne prétend pas rendre compte de toutes les situations, parfois complexes, tant en ce qui concerne le diagnostic, I'évolution, les traitements, leurs risques, etc...

QU’EST CE QUE C’EST ?

Une enterocolopathie inflammatoire est une maladie entraînant une inflammation de l’intestin grêle et du colon (gros intestin). Les deux maladies les plus fréquentes sont la maladie de Crohn et la recto-colite hémorragique. Elles se manifestent par des douleurs abdominales associées à une diarrhée chronique avec des glaires et du sang dans les selles évoluant par poussées. Dans certains cas (10 à 20%) elles sont associées à une atteinte articulaire appartenant au groupe des spondylarthropathies.

Le rhumatisme des enterocolopathies est un rhumatisme inflammatoire touchant les articulations périphériques (arthrites), la colonne vertébrale (ou atteinte axiale) et pouvant être associé à des manifestations extra-articulaires.

1. Quels sont les symptômes ?

Comme dans les autres spondylarthropathies, l’atteinte peut être rachidienne (axiale) et/ou périphérique.

Les manifestations périphériques touchent le plus souvent les membres inférieurs (genoux, articulation tibio-tarsienne du pied, cheville) mais toutes les articulations peuvent être atteintes. Il s’agit de véritable arthrite avec inflammation et gonflement asymétrique d’une ou de plusieurs articulations (atteinte mono, oligoarticulaire ou polyarticulaire). Le plus souvent il n’y a pas de destruction radiologique des articulations et l’inflammation peut disparaître avec la guérison de l’atteinte digestive. Cependant dans certain cas des lésions destructrices peuvent apparaître notamment au niveau de la hanche.

Les manifestations rachidiennes surviennent surtout chez l’homme avec une association à l’antigène HLA B27 dans 70% des cas. Elles désignent l’inflammation des ligaments des articulations sacro-iliaques (articulations situées dans les fesses entre l’os iliaque et le sacrum) qui entraîne des douleurs inflammatoires des fesses, uni ou bilatérale, pouvant irradier à la face postérieure des cuisses.

Les autres manifestations de la spondylarthrite ankylosante sont en revanche rares. Les manifestations extra-articulaires sont le plus souvent cutanées (« érythème noueux », ...) ou oculaires (uvéite).

2. Qu’est ce que l’antigène HLA B27 ?

L’antigène HLA B27 est une protéine que l’on retrouve normalement à la surface des globules blancs de certaines personnes. Il existe un lien statistique entre la présence de cet antigène et les spondylarthrites. En effet, l’antigène HLA B27 est retrouvé chez 8% des personnes sans spondylarthrite et chez 70% des patients souffrant de rhumatisme des enterrocolopathies de forme axiale. Cependant, on ne sait toujours pas quel lien existe entre l’antigène HLA B27 et la spondylarthrite.

3. Quel lien existe t-il entre les manifestations articulaires et digestives ?

En dehors de certaine atteinte périphérique, l’évolution de l’atteinte rhumatismale est indépendante de l’évolution de la maladie digestive. Qu’il s’agisse des formes périphériques ou axiales la maladie intestinale précède, en général, les manifestations articulaires. Cependant, dans certains cas les arthropathies peuvent survenir avant les signes digestifs, parfois même plusieurs années avant. Votre médecin pourra donc devant des signes de spondylarthropathie demander une exploration digestive (coloscopie).

Il n’y a pas de rapport entre les signes articulaires et la gravité de la maladie digestive. Les arthropathies ne sont donc pas influencées par l’intensité de la maladie intestinale.

4. Comment fait-on le diagnostic ?

La description de vos douleurs, la présence d’une maladie inflammatoire de l’intestin ainsi que l’examen clinique de votre médecin permet de suspecter fortement le diagnostic. Les examens biologiques se résument à un bilan inflammatoire et à la recherche du HLA B27 qui est un critère important dans les formes axiales.

Les examens radiologiques sont guidés par vos douleurs sur les articulations périphériques. Cependant, en première intention, votre médecin recherchera une atteinte des articulations sacro-iliaques par une radiographie ou un scanner. En cas de manifestations digestives, mêmes minimes, une exploration digestive est indispensable (coloscopie avec ou sans fibroscopie gastro-duodénale). Cependant il n’est pas rare que le diagnostic soit porté plus tardivement devant un tableau clinique et radiologique plus évolué.

5. Quels sont les principes de traitement ?

Le traitement de la maladie articulaire repose sur les anti-inflammatoires. Mais les anti-inflammatoires non stéroïdiens doivent être utilisé avec prudence en raison de la maladie digestive sous jacente. La corticothérapie peut aussi être utilisée pour améliorer les signes articulaires et digestifs.

S’ils sont insuffisants, des traitements « de fond » d’action lente peuvent vous être prescrits comme la sulfasalazine, le methotrexate ou la mesalazine. Récemment, de nouveaux produits (Anti TNF alfa) très efficaces sur le plan digestif et articulaire ont permis d’élargir la panoplie des traitements de fond. Ils ne sont actuellement réservés qu’aux maladies résistantes aux autres traitements.

Les traitements locaux (infiltrations ou synoviorthèses) sont aussi utiles quand une articulation reste douloureuse malgré un traitement efficace sur les autres articulations.

Bibliographie :
Dougados M et al. Spondylarthrite en en 100 questions. Ed NHA communication.
Godeau P, Herson S, Piette JC- Traité de Medecine, 3e édition, 1996, 2058-59. Ed Flammarion.
Kahn M.F, Peltier A.P, Meyer O, Piette J.C- Maladies et syndromes systémiques, 2000, 938. Ed Flammarion.

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