Cortisone en traitement prolongé

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  • lundi, 15 mars 2004 15:24
  • Dernière modification le lundi, 19 novembre 2012 12:17
  • Écrit par 

    Dr Marie-Pascale Manet

Cette note explicative a pour objet de répondre simplement à la plupart des questions que vous vous posez. Elle ne prétend pas rendre compte de toutes les situations, parfois complexes, tant en ce qui concerne le diagnostic, I'évolution, les traitements, leurs risques, etc...

VOUS PRENEZ DE LA CORTISONE DE MANIÈRE PROLONGÉE

1. Qu’est ce que la cortisone ?

La cortisone est une hormone que tout le monde sécrète grâce à une petite glande située au-dessus des reins (glandes surrénales). Elle est beaucoup utilisée, sous une forme dite de « synthèse », pour traiter de nombreuses maladies (d’origine ORL, ophtalmologique, pneumologique, rhumatologique...) en raison de son action anti- inflammatoire. Elle peut être prescrite en cure courte (de 5 à 10 jours) pour des problèmes « aigus » ou en cure prolongée (supérieure à trois mois) pour des maladies de longues durées (ou chroniques).

En rhumatologie, elle est utilisée de façon prolongée dans les maladies inflammatoires chroniques, telle que la polyarthrite rhumatoïde, les vascularites (la maladie de Horton, la maladie de Wegener...) ou les maladies générales (le lupus érythémateux disséminé, le syndrome de Goujerot Sjögren...). Elle est aussi utilisée en cure courte notamment dans les névralgies.

2. Quels en sont les effets indésirables ?

Ils sont liés à « la dose cumulée » administrée c’est à dire à la quantité prise depuis le début de la maladie. Ils sont nombreux mais il existe des moyens pour diminuer leur intensité.

  • La prise de poids est probablement le plus connu. Il est logique de proposer un régime pauvre en graisse et en sucres d’absorption rapide.
  • Le gonflement du visage est lié à une modification de la répartition des graisses. Il n’existe malheureusement pas de mesure pour lutter contre cette conséquence heureusement rare, observée pour des doses importantes.
  • L’hypertension artérielle et les œdèmes des jambes peuvent être diminuées par un régime pauvre en sel. Le régime « sans sel strict » ne doit être prescrit que pour des doses de cortisone supérieure à 10 mg par jour.
  • La fonte musculaire et les crampes peuvent être diminués grâce à un régime riche en potassium (banane, fruits secs...) et en protéine ainsi qu’à un entretien musculaire régulier (en fonction de vos possibilités).
  • Les petits vaisseaux (ou capillaires) sont aussi plus fragiles. Les bleus (ou ecchymoses) sont donc plus fréquents et peuvent apparaître après des chocs minimes.
  • La peau peut aussi être touchée avec un risque d’acné et une difficulté à la cicatrisation.
  • Une fragilité des os (ostéoporose) peut aussi survenir au bout d’une durée de traitement prolongée. Il est souhaitable d’avoir un régime riche en calcium, d’avoir une exposition solaire suffisante (productrice de vitamine D) et de pratiquer une activité physique régulière (qui stimule les cellules des os). Des traitements médicamenteux peuvent aussi être utiles si ces mesures sont insuffisantes (comprimés de calcium associé à de la vitamine D, traitement stimulant les cellules osseuses...).
  • Les infections sont aussi plus fréquentes. La cortisone a tendance à faire baisser les défenses de l’organisme contre les infections (immunodépression induite). Il faut donc avoir une hygiène corporelle très importante surtout au niveau des dents (infection dentaire), des pieds (ongle incarné, mycose...) et de l’hygiène intime (infection urinaire fréquente). Au moindre doute, il est préférable de consulter son médecin.
  • La cortisone a tendance à énerver les gens. Si votre maladie le permet, il est conseiller de la prendre le matin plutôt que le soir pour éviter les insomnies.

3. Puis-je modifier moi-même les doses ?

Il est déconseillé d’augmenter ou de diminuer les doses de cortisone sans avis de votre médecin. En cas de poussée de la maladie, des traitements plus simples peuvent suffire pour passer un cap (repos, prise de médicament anti- douleur...). Si ces mesures ne sont pas suffisantes, il est préférable que vous appeliez votre médecin avant toute modification de traitement.

De même, la diminution de la cortisone doit toujours être progressive car une augmentation brutale des symptômes de la maladie peut survenir (effet rebond). De plus, si vous l’arrêtez brutalement, vous risquez de provoquer un « état de manque » en cortisone appelé « insuffisance surrénale ».

Les effets indésirables de la cortisone sont nombreux mais ce médicament reste un formidable allié pour traiter des maladies longues et rebelles. Votre médecin n’a probablement pas d’autre alternative pour vous soulager. N’hésitez pas à lui poser toutes les questions nécessaires pour mieux vivre votre corticothérapie.

Bibliographie :

  • BRION N, GUILLEVIN L, Le PARC JM. La corticothérapie en pratique. Ed Masson
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