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Le mot du psychologue

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La rencontre du psychologue est possible à tout moment du parcours. Renseignez-vous auprès de votre médecin ou du secrétariat.

 

Retour d'expérience d'Alix Franceschi Léger, psychologue clinicienne au pôle maternité/fertilité
du Groupe Hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon

Bonjour Madame, Bonjour Monsieur,

Cela fait un moment déjà que vous rêvez d'être parents, que vous faîtes ce qu'il faut pour y arriver et que la grossesse ne s'incarne pas.

Après vous être questionnés sur le fait de " forcer la nature", expression que j'entends souvent, avoir hésité, vous être renseignés, vous avez pris la décision de vous faire aider.

C'est une période spéciale de votre vie au cours de laquelle la médecine va soutenir la nature pour qu'elle vous donne un enfant.

Peut-être l'inquiétude, la fatigue vous ont-elles déjà parfois accablés ? C'est bien compréhensible. Pourtant je viens vous dire de ne pas vous décourager et d'accepter de réfléchir à l'épreuve de réalité que vous devez vivre.

Au fil de la lecture des fiches médicales, nous pourrons examiner ensemble quelles questions se posent le plus fréquemment, à quelles situations vous devez faire face, comment vous pouvez y réagir, suivant votre personnalité et votre qualité d'homme ou de femme.

Commençons par la question, non médicale, la plus difficile : Pourquoi moi? Pourquoi nous? 

Cette question se pose très très souvent y compris quand la médecine a trouvé le problème qui entrave la procréation.

Il n'y a pas de réponse satisfaisante à cette question qui mérite cependant la plus grande réflexion.

J'attire votre attention sur deux points : 

  1. Celles qui tombent enceintes " au premier regard", les couples qui programment la grossesse et l'obtiennent comme prévu, n'ont aucun mérite à cela et pas plus de mérite que vous.
    La nature leur sourit et, la plupart du temps, ils restent ignorants de la chance qu'ils ont eu de faire leur bébé facilement, comme vous le rêviez vous-mêmes avant cette longue attente.
  2. Un bébé se fait à deux, ni toute seule, ni en équipe. " Oui, me direz-vous, alors que faire de l'équipe médicale et soignante du centre de fertilité ? " Cette équipe qui vous est devenue momentanément indispensable et dont vous auriez tant voulu ne pas avoir besoin. La laisser à sa place de soutien intermédiaire entre le couple et la nature pour favoriser le surgissement de la grossesse.

" Mon mari n'a presque rien à faire! C'est moi qui subis tout"

Quoiqu'il se passe, c'est le corps féminin qui porte la grossesse et fabrique le petit d'homme qui deviendra votre enfant. On n'a pas encore trouvé d'alternative. Et si Monsieur ne participait pas, tous les traitements et les efforts consentis ne serviraient à rien.

"C'est INJUSTE" dîtes-vous.

Ecoutons le sentiment d'injustice parfois partagé par votre compagnon. C'est une conséquence psychologique de l'épreuve de réalité que vous êtes en train de vivre.

Il n'y a pas de bureau de réclamation pour cette "injustice"-là.

Oui, il n'y a pas de justice en la matière et ce sentiment vous torture. 

Pour apaiser la violence du sans réponse, vous essayez d'en trouver une: chacune, chacun aura sa ou ses théories personnelles, liées à sa foi, son couple, sa vie.

De façon générale la réponse vous entraîne dans un imaginaire difficile, un sentiment de culpabilité pénible qui vous accable davantage et peut compliquer le rapport de couple, si seul l'un des deux est "porteur" du problème. Certains couples préfèrent que les "responsabilités " soient partagées.

Quoi qu'il arrive, un bébé se faisant à deux, le problème de l'un est le problème de l'autre..

Je vous rappelle que vous n'avez pas moins de mérite que ceux qui ont obtenu facilement la grossesse.. Comme eux, vous avez fait ce qu'il fallait pour qu'elle arrive en toute intimité..

A votre place, ils se poseraient aussi la question du pourquoi, de l'injustice; ils éprouveraient la peur que "cela ne marche pas".

Vos questionnements et tous vos sentiments, y compris ceux que vous ne voulez pas éprouver mais qui vous assaillent, sont logiques et normaux.

Votre état psychologique, avant de s'adapter à la situation , réagit d'abord à sa violence. 

Violence d'avoir à malmener une intimité de couple à l'hôpital ou ailleurs, d'être confrontés à l'incompréhension souvent, l'indiscrétion, les leçons de conduite et les conseils de l'entourage qui NE SAIT PAS  ce que vous vivez. 

Violence aussi faite à votre corps de femme ou d'homme, malgré toute l'attention que lui portent médecins et soignants. Pour vous aider à soutenir physiquement et psychiquement les efforts qu'exigent les situations médicales, pour vous aider à rester l'amie et l'ami de ce corps qui contrarie votre désir d'enfant, notre équipe vous propose la douceur et la détente de l'Atelier en Mouvement, réservé aux femmes et hommes en traitement dans notre centre de fertilité ou avec un médecin du réseau Fertidiac.

Au bout de quelque temps vous allez trouver vos soutiens et forger votre propre expérience.

ENSEMBLE, au fil des fiches médicales qui vous renverront régulièrement à des points psycho, nous allons essayer de comprendre comment ajuster ce parcours à votre vie afin de l'accomplir en en sortant expérimentés et fiers du chemin parcouru.

Un bébé ce n'est pas que de la mécanique, c'est d'abord de l'irrationnel. Celui de la nature et le nôtre propre. 

C'est pourquoi votre premier repérage dans le nouveau pays de l'AMP sera peut-être d'essayer d'identifier petit-à-petit la limite de notre pouvoir. 

Vous-mêmes à deux, avec l'AMP, savez optimiser le processus de rencontre des gamètes. Vous demanderez donc à la médecine et à la science biologique ce qu'elles savent faire - c'est-à-dire de leur mieux pour vous deux -  et vous vous demanderez à vous-même la patience, l'endurance et la réflexion qu'exige de nous la nature en pareilles circonstances.

Quand les gamètes se rencontrent grâce à l'effort acccompli dans un traitement, il faut actuellement le répéter s'il n'a pas marché du premier coup, replacer les embryons obtenus in vitro jusqu'à la rencontre avec l'embryon qui fera la grossesse.

Au fil de ce temps ne vous oubliez pas, ne vous perdez pas dans la technique. Votre effort sera de rester vous-même, sujets d'un couple formé dans le désir, sujets de votre inconscient et de votre désir de parents.

Dans chaque fiche vous allez être confrontés à des mots médicaux qui vous frappent et ne vous concernent pas forcément. Sélectionnez ce qui vous intéresse, accompagné s'il y a lieu de la proposition psychologique correspondante.

Vos remarques et témoignages seront les bienvenus, avançons ensemble

Alix Franceschi Léger, psychologue clinicienne

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